Ajouter à mon calendrier
    Le , Librairie Les Oiseaux de nuit

    1) Et frappe le père à mort, John Wain, éditions du Typhon. L'on reparle pour la troisième fois de ce roman, et pour une excellente raison, il vient de recevoir le prix Mémorable 2020 décerné par les libraires du groupement Initiales.
    Ecrit dans les années 60, Et frappe le père à mort, dont le titre est tiré d'une réplique d'une oeuvre dramatique de Shakespeare, commence à Londres durant la Seconde Guerre mondiale et se poursuit dans l'immédiat après-guerre. Les bombes tombent sur la ville, c'est l'époque des tickets de rationnement et de l'enrôlement obligatoire dès 18 ans.
    Jeremy a 16 ans et un rêve tenace, devenir musicien de jazz. Son père, professeur de langues anciennes a d'autres ambitions pour lui, et la musique, qu'elle soit classique ou moderne n'est pas au programme.
    Jeremy lassé des disputes qu'il a avec son père, rongé par l'intolérance de celui-ci décide de fuguer et va se réfugier dans les pubs londoniens.
    il survit grâce à sa passion de jouer du jazz, jouer du piano, emporté, fasciné par le clavier et ses quatre-vingt-huit touches noires et blanches.
    Quelle magnifique récompense pour ce roman dont vous aurez plus d'informations en allant sur le site de la librairie, dans la rubrique conseils de lecture. librairielesoiseauxdenuit.fr .

    2) La bouche pleine de terre, Branimir Scepanovic, traduit du serbe par Jean Descat, éditions Tusitala. Ce court roman est arrivé en seconde position das le choix des libraires Initiales.
    "Un homme court, seul. Deux chasseurs qui campent par là le voient passer. Surpris de cette intrusion, "comme enivrés par l'âcre odeur de la forêt", ils décident de le rattraper. L'homme repart, les deux chasseurs sur ses talons. S'ensuite une battue farouche, où l'incompréhension se mue en haine. Intrigue dépouillée à l’extrême mais d'une complexité secrète, La bouche pleine de terre est une oeuvre inclassable qui oscille entre fantastique, absurde et réalise ; entre allégorie, roman ou conte. Un chef-d'oeuvre de la littérature mondiale."

    3) Après Marie-Hélène Lafon l'année dernière, c'est au tour d'Eric Plamondon de nous offrir un petit texte intitulé: Cendres. Ce texte vous est offert par les libraires du groupement Initiales. Plein d'informations sur le site: www.initiales.org
    Cendres nous parle d'amitié, de beuveries mémorables, de billard et d'un dernier hommage rendu à l'ami disparu.
    Ce texte accompagne la parution du dossier Initiales magazine numéro 10 spécial Québec, comme le texte d'Eric Plamondon, il est gratuit et disponible dans toutes les libraires du groupement.

    4) L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir de Rosa Montero, éditions Métailié. "Chargée d'écrire une préface pour l'extraordinaire journal que Marie Curie a tenu après la mort de Pierre Curie, Rosa Montero s'est vue prise dans un tourbillon de mots. Au fil de son récit du parcours extraordinaire et largement méconnu de cette femme hors normes, elle construit un livre à mi-chemin entre les souvenirs personnels et la mémoire collective, entre l'analyse de notre époque et l'évocation intime.
    Elle nous parle du dépassement de la douleur, de la perte de l'homme aimé qu'elle vient elle-même de vivre, du deuil, de la reconstruction de soi, des relations entre les hommes et les femmes, de la splendeur du sexe, de la bonne mort et de la belle vie, de la science et de l'ignorance, de la force salvatrice de la littérature et de la sagesse de ceux qui apprennent à jouir de l'existence avec plénitude et légèreté."

    5) La tresse de Laëtitia Colombani, éditions Le livre de poche. Où le club de lecture fonctionne bien puisque c'est pas moins de la troisième fois que l'on parle de ce roman.

    6) Venise à double tour de Jean-Paul Kauffmann, éditions des Équateurs. "A côté d'une Venise de l'évidence se cache une Venise inconnue, celle des églises jamais ouvertes. Jean-Paul Kauffmann a voulu forcer ces portes solidement cadenassées, un monde impénétrable où des chefs-d' oeuvre dorment dans le silence. Qui en détient les clefs ? Ce récit, conduit à la manière d'une enquête policière, raconte les embûches pour se faire ouvrir ces édifices. L'histoire est partie d'une église d'Ille-et-Vilaine où, enfant, l'auteur servait la messe.
    Il s'y ennuyait souvent, mais, dans ce sanctuaire, il a tout appris. Là, est née la passion de se voir livrer le secret de la chose ignorée ou défendue. Il a poursuivi cet exercice de déchiffrement à Venise, la ville de la mémoire heureuse, pourtant attaquée sans relâche par le tourisme mondialisé."

    7)Des routes de Carole Zalberg, éditions du Chemin de fer. " Tout commence par une pierre qu'une enfant trouve, oubliée dans un tiroir. Pourquoi un caillou anodin a-t-il pris place parmi les bijoux de sa mère ? La mère alors lui raconte le souvenir d'Azria, une réfugiée débarquée un été sur une plage au beau milieu des touristes en villégiature. Carole Zalberg sait trouver les mots pour évoquer, avec grâce et simplicité, l'un des sujets les plus brûlants de l'Europe d'aujourd'hui.
    Alternant le dialogue mère-fille et le monologue d'Azria, Des routes met en évidence la difficulté d'expliquer et de justifier notre indifférence face à ceux qui ont tout quitté pour tenter d'échapper à la terreur ou à la misère. Les dessins d'Arme Gorouben qui, de 2015 à 2016, a longuement rencontré les vies et les routes des exilés de la "Jungle" de Calais, témoignent de la volonté de ne pas les laisser sombrer dans l'anonymat, de leur restituer cette humanité qu'on leur nie."

    Pour la petite histoire: Créées en 2005 par Renaud Buénerd & François Grosso, les éditions du Chemin de fer ont, à l’aube du XXIe siècle, œuvré sur un catalogue littéraire exigeant, construit sur la forme narrative courte, nouvelles et novella, alliée à un intérêt fondateur pour le renouveau du dessin en tant que medium de modernité.
    Cette maison nivernaise (installée à Nolay, près de La Charité) farouchement indépendante a construit en quelques années un catalogue remarquablement hétéroclite et novateur. On y croise des textes de fiction d’auteurs contemporains mais aussi des textes inédits ou méconnus du patrimoine littéraire du XXe siècle. On y rencontre des noms importants de la scène plastique contemporaine, mais aussi des artistes inconnus ou émergents.

    8) Une joie féroce de Sorj Chalandon, éditions Grasset. "Jeanne, qui a passé ses jours à s’excuser est brusquement frappée par le mal. « Il y a quelque chose », lui a dit le médecin en découvrant ses examens médicaux. Quelque chose. Pauvre mot. Stupéfaction. Et autour d’elle, tout se fane. Son mari, les autres, sa vie d’avant. En guerre contre ce qui la ronge, elle va prendre les armes. Jamais elle ne s’en serait crue capable. Elle était résignée, la voilà résistante. Jeanne ne murmure plus, ne sourit plus en écoutant les autres. Elle se dresse, gueule, griffe, se bat comme une furie. Elle s’éprend de liberté. Elle découvre l’urgence de vivre, l’insoumission, l’illégalité, le bonheur interdit, une ivresse qu’elle ne soupçonnait pas."

    9) où l'on reparle de: Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois, éditions de l'Olivier, Prix Goncourt 2019. De ce dernier roman de Dubois, chacun d'entre nous en dit du bien ou du mal! Qui a préféré La vie me fait peur ou Kennedy et moi ou encore Les poissons me regardent, son livre coup de poing dans le ventre. Quoi qu'il en soit il ne laisse personne indifférent.

    10) Ordesa de Manuel Vilas, éditions du Sous-sol, Prix Femina étranger 2019. "
    "Mon coeur ressemble à un arbre noir couvert d'oiseaux jaunes qui piaillent et me perforent la chair". Tel est l'autoportrait brut et sans tabou d'un écrivain confronté à la disparition de ses parents. Assailli par les fantômes de son passé, il retrouve espoir dans le souvenir baigné de lumière jaune de leur amour et de la beauté d'antan. A travers l'évocation d'une famille modeste, c'est alors la peinture d'une certaine Espagne qui se révèle à nous dans toute sa complexité."
    Une lecture est faite de l'article paru dans le magazine Initiales numéro 10, de Jean-Marc Brunier, libraire au Cadran lunaire à Mâcon à propos de ce roman.

    11) L'imprudence de Loo Hui Phang, éditions Actes sud. L'on avait déjà évoqué ce troublant premier roman. Un résumé en est fait dans la onzième réunion du club de lecture.

    12) L'écrivain Hubert Mingarelli, Prix Médicis 2003 pour Quatre soldats, est mort ce week-end à l'âge de 64 ans. L'on avait abordé son dernier roman, La terre invisible, paru aux éditions Buchet-Chastel, lors de la neuvième réunion du club de lecture. Voici l'occasion de lui rendre hommage:
    « On est en suspension. Un bout d’histoire commence et puis s’arrête et reprend, file vers ailleurs. Des souvenirs d’une mémoire ancienne surgissent, se collent à l’instant présent, une vision d’enfant, des grondements du tonnerre, les éclairs, la petite histoire se précipite alors dans la grande comme une pluie d’orage. C’est la fin de la seconde guerre mondiale, la libération des camps.
    Des soldats allemands défilent dans les rues, en vaincus qu’ils sont devenus.
    Un photographe veut faire témoignage mais de quoi au juste ? Des fantômes, des regrets, des culpabilités, des fautes des femmes et des hommes civils qui ont laissé faire l’innommable ?
    La terre invisible se situe entre rêve et réalité, ce roman nous plonge dans une sorte d’attente hypnagogique, une hallucination qui précéderait ou suivrait immédiatement un sommeil ennuyé par de mauvais rêves.
    C’est une terre chargée d’eau, qu’elle vienne du ciel ou d’un fleuve charriant ses morts aux jambes grises.
    Ce roman puissant est une esquisse où tout n’est qu’esquive, pour réussir cela il faut un écrivain de la trempe d’Hubert Mingarelli. »

    13) Running in the family (un air de famille en français) de Michael Ondaatje, éditions Picador. "Poète et romancier, Michael Ondaatje explore le passé de sa famille. A partir d'un carnet de bal, de trois histoires d'amour et des souvenirs d'une grand-mère excentrique, il compose une légende. Son enfance se change en un récit mythique peuplé de paons royaux, de cobras, de femmes fatales et d'officiers à l'uniforme immaculé. Tels des personnages de Scott Fitzgerald égarés dans un roman de Rudyard Kipling, ses héros parlent d'un âge d'or peint aux couleurs de l'Orient."

    14) La vie commence à 60 ans de Bernard Ollivier, éditions Libretto. "Elle s'organise, se prépare, se calcule. Certains la fantasment, la rêvent, d'autres la redoutent, la fuient. Mais, on le sait, nul n'échappera à la retraite. Mise au placard ou vacances éternelles, elle petit être le meilleur ou le pire: Bernard Ollivier, le mythique auteur de Longue Marche, a choisi. Voici dix ans, déprimé, sans espoir et sans projet, il mettait un point final à sa carrière de journaliste, cherchant en quoi ces années de "congés" à venir pourraient s'avérer les plus riches de sa vie. Les retraités ont du temps, de l'argent, de l'expérience. Mais qu'en faire? Il lui l'allait trouver un moyen de transformer celle soudaine "Liberté" en aventure fertile. Son secret? La chance, bien sûr, mais surtout le refus délibéré d'une existence enfermée sur elle-même, la volonté aiguë de s'ouvrir aux autres, aux jeunes notamment. Marches au long cours, chaînes d'amitiés et projets multiples: Bernard Ollivier nous donne ici la preuve fine la retraite est bel et bien le temps de tous les possibles, et que, oui, rassurons-nous, la vie peut (re)commencer à 60 ans."

    15) Le Message d'Andrée Chedid, éditions J'ai lu. roman abordé lors du 12ème club de lecture, voir la notice sur le site: librairelesoiseauxdenuit.fr

    16) Ermites dans la taïga de Vassili Peskov, éditions Babel. "Une famille de vieux-croyants démunis à l'extrême, subsistant dans une cabane misérable, en pleine taïga, coupés de la civilisation depuis... 1938: telle est l'incroyable réalité décrite par Vassili Peskov, qui raconte ici avec passion et minutie l'aventure des ermites de notre temps, puis les vains efforts de la plus jeune d'entre eux, Agafia, pour se réadapter au monde. Nouvelle version du mythe de Robinson, manuel de survie dans la taïga, histoire de femme aussi, ce livre riche et multiple a rencontré lors de sa parution chez Actes Sud en 1992 un succès qui ne s'est jamais démenti. Et Agafia, sa magnifique héroïne, vit toujours, loin du "siècle", dans la sauvage solitude de la taïga."